Oron-la-Ville

On trouve mention de Viromagus ou Uromagus (le marché aux boeufs), ancien nom d'Oron sur les cartes militaires de l'Empire romain du IVe siècle après Jésus-Christ. Selon la Table de Peutinger (image), Oron était une étape sur la route allant de Milan à Mayence.

Dans l'acte de fondation de l'Abbaye de Saint-Maurice, selon un conseil tenu en 515 à Agaune, sous la présidence de Sigismond, futur roi des burgondes, le domaine d'Oron figure parmis les donations faites au monastère. L'Abbaye a installé à Oron un "vidomme" ou "mayor", officier judiciaire et administratif. Au cours des siècles, ces intendants firent des affaires prospères, agrandissant même leurs propriétés. La Seigneurie d'Oron était fondée et connaîtra grâce à Rodolphe, seigneur d'Oron, une grande prospérité au XIIIe siècle.

Dans le courant de ce siècle, les petits seigneurs de l'endroit se reconnurent vassaux des comtes de Savoie et les moines d'Haut-Crêt poursuivaient leurs travaux jusque dans les vignobles de Lavaux et pêchaient les écrevisses dans le lac de Bret. Par le jeu des mariages et des donations, les Comtes de Gruyère régnèrent de 1388 à 1554 (déconfiture du Comte Michel de Gruyère). Les biens ont été répartis entre ses deux principaux créanciers les villes de Berne et de Fribourg, à l'exception de la baronnie qui fut vendue en mise publique à Hans Steiger en 1555. Ce grand bourgeois bernois remit cette propriété à la Ville de Berne qui installa son premier bailli le 1er août 1557.

LL.EE. se succèdent durant presque deux cent cinquante ans jusqu'à la Révolution vaudoise de 1798, où le Comité révolutionnaire d'Oron envoya Etienne-Louis Jan (qui fit partie en 1803 du premier Conseil d'Etat), Abram-Frédéric Demiéville et Frédéric-Samuel Pasche auprès du bailli pour le prier poliment de quitter la région : tout se passa paisiblement car Jean-Rodolphe de Mulinen avait su entretenir de bons rapports avec ses administrés.

Lors de l'insurrection campagnarde des "Bourla-Papey" (brûle-papier), jacquerie bien vaudoise, où les intentions meurtrières se bornèrent à des menaces de bourrades, des coups de pieds au derriere (sic. Eug. Mottaz, Edit Rouge, 1903) et de la poudre aux moineaux. Un autre groupe de gens du village, entraînés par le bouillant "régent" Pernet, prirent une part active à ces désordres où nombre d'archives furent malheureusement incendiées, notamment celles d'Oron-la-Ville.

Au XIXe siècle, on assiste au développement d'Oron. Un ressortissant du village, Jean-Nicolas Pache (1746-1823), est secrétaire au ministère de la marine française : Necker le nomme contrôleur de la maison du Roi de France. Il travaille ensuite au ministère de l'Intérieur et au ministère de la Guerre sous Sevran, avant de devenir son successeur d'octobre 1792 à février 1793. Ministre, il va quitter ses amis Girondins pour s'afficher ouvertement Montagnard. Ces derniers vont le faire élire Maire de Paris. C'est sous son mandat qu'il fait inscrire la devise Momoro : "Liberté, Egalité, Fraternité" sur les bâtiments publics dans toute la France. 

Durant l'entre-deux guerre, une entrerpise occupe plus de 300 ouvriers : les mines de charbon d'Oron. Le sous-sol de Les Tavernes et de Châtillens par Oron et jusqu'à Palézieux, est exploité pour pallier au manque de matière première dont souffre cruellement la Suisse. Pour exploiter ces filons, on compte de nombreux puits de forage. Cette industrie va être un très bon catalyseur pour attirer les entreprises et artisans dans la région dont le développement n'a eu cesse de se poursuivre jusqu'à nos jours.

Extraits de textes de M. Robert Kissling et M. Philippe Modoux, Syndic