Les Tavernes

Le nom de Tabernae indiquerait qu'il existait à l'époque des hôtelleries. Une taverne y fut établie au XVIe siècle; cette localité aurait alors commencé à porter le nom de Tavernes en même temps que celui de Froideville ; encore en 1676, les habitants désignaient leur commune sous le nom de Froydevillaz; au XVIIIe siècle, le nom actuel prévalut définitivement. C'est avec l'effondrement en 1700 et la non reconstruction du pont local sur la Broye que l'auberge cessa son activité vers le milieu du XVIIIe siècle et paradoxalement, c'est cette auberge (taverne) qui fit changer autour de 1650 le nom de Froideville en celui de Les Tavernes.

Les Tavernes, 1835-38 : le plan topographique (cadastre) du XIXe siècle contient cette appellation; elle est située au carrefour des routes, près du pont de pierre sur le Grenet, à la hauteur des maisons du lieu, situées du côté occidental de la route de Châtillens.

Petite commune, mais riche en histoire. L'Abbaye de Haut-Crêt, de l'ordre de Citeaux, fut fondée en 1134 par Guy de Merlan, Evêque de Lausanne. Son emplacement excat, découvert en 2006 à l'occasion de travaux techniques, se situe au bord de la Broye, à la hauteur du vieux moulin. Les vestiges qui ont fait l'objet de fouilles archéologiques sur mandat de l'Etat et d'un petit rapport resté quasi confidentiel, ont ainsi été découverts exactement là où divers auteurs (Dewarrat et Margairaz, 1987, par le biais de l'analyse du réseau routier) ainsi que la cartographie historique le rapporte plus d'une fois au cours des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles.

En 1154, l'Evêque Amédée de Lausanne fit don aux moines des terres du Dézaley par cet écrit : "Je remets la terre déserte et inculte du Dézaley aux Frères de Haut-Crêt pour en jouir à moitié fruit..." Les bons moines l'ont si bien défrichée et entretenue qu'aujourd'hui les vins du Dézaley sont des nectars réputés. 

Le Château de la Dausaz et son domaine ont été donnés à l'Abbaye d'Haut-Crêt en 1154 par un certain Joret de Lutry puis, après la Réformation et l'invasion bernoise transformés en seigneurie en faveur de la famille Joffrey, bourgeoise de Les Tavernes, aujourd'hui éteinte, mais qui resta propriétaire du Château jusqu'en 1815.